La Fin du Monde

Telle l’âme se cherchant un corps, un souffle,
j’ai écarté la faille de la nuit

Au long des soleils et des lunes,
j’ai cherché en aveugle,
comme on cherche sa maison sur la terre

J’ai fouillé sous l’horizon fuyant les racines de l’innocence,
défunte d’avoir connu les secrets de la vie

Inconsolable devant tant de liberté,
je n’avais d’autre choix que de danser aux larmes

Éperdu dans la révérence d’être,
pas d’autre choix que de pleurer aux éclats

Je n’ai rien accompli sinon d’avoir saisi l’impensable, ayant reconnu ma mort

Je l’étreins jour après jour, la hissant bien haut, pavillon insoumis, en souvenir des victoires fraternelles

Et je flotte encore à cette heure au souffle perpétuel,
sur l’île d’une conscience pleine et abandonnée,
ouverte aux vents des amitiés vraies

J’ondule dans le libre accueil d’une fin qui me commence,
je vibre dans l’instant originel et sans confins que je veux, que j’aime,
et qui me met au monde

 

Like a soul searching for its body, its breath
I have spread the rift of night apart

Along the suns and moons,
I searched blind,
as one searches for their home on earth

Beneath the fleeting horizon, I searched the roots of innocence,
departed from having known the secrets of life

Inconsolable in the face of so much freedom,
I had no other choice but to dance to tears

Lost in the reverence of being,
no other choice but to cry out loud

I accomplished nothing, other than to grasp the unthinkable, having recognized my own death

I embrace it day after day, hoisting it high, unbowed flag, in memory of fraternal victories

And I float this hour still, on the perpetual breath,
on the isle of a whole and abandoned conscience,
open to the winds of true friendships

I wave in the free welcome of an end that commences me,
I vibrate in the original and boundless instant I want, I love,
and which brings me into the world